Théâtre en Mots

par Sylviane Bernard-Gresh
théâtre

Rabbit Hole de David Lindsay-Abaire

Mise en scène Claudia Staviski

La pièce du dramaturge, David Lindsay-Abaire, très célèbre aux Etats Unis, ( Prix Pulitzer en 2007) porte un titre étrange. Rabbit Hole, c’est aussi bien le terrier que traverse Alice pour suivre le lapin dans Alice au Pays des Merveilles, que le « trou noir » désignant en astronomie un passage de l’univers où l’énergie s’engouffre sans qu’on puisse comprendre où elle va ni d’où elle vient. Pourtant, apparemment le sujet de la pièce est très simple. Un couple est confronté à la mort effroyable de leur jeune fils Danny, renversé par une voiture. Un cataclysme qui atteint le fond de leur être. La mère, Becky, (Julie Gayet) essaie de continuer à vivre en effaçant les traces de son enfant. Le père, Howard, ( Patrick Catalifo) participe à un groupe de paroles avec d’autres personnes qui vivent une même expérience.. La soeur de Becky, Izzy, (Lolita Chammah) apporte un peu de gaieté par sa jeunesse et sa fantaisie; la grand mère , Nat, (Christiane Cohendy) parle à tort et à travers pour masquer sa double douleur. Elle a aussi perdu un fils.

Dans cette famille la mort rôde.

Le mystère est accentué par la venue d’un jeune garçon (Jason) qui explique qu’il est responsable de l’accident mais aussi qu’il croit à des mondes parallèles.

L’écriture est claire et efficace. La mise en scène de Claudia Staviski, traversée par quelques éclairs très drôles, est fine, sans pathos . Elle joue sur une ligne de crête entre réalisme et mystère dans une scénographie d’Alexandre de Dardel, où les murs de la maison sont figurés par des baguettes de bois espacées les unes des autres et un écran où est projeté un film avec l’enfant encore vivant.

Tous les comédiens sont bons. Julie Gayet est juste et d’une belle présence. C’est pourtant Patrick Catalifo qui permet sans doute le plus d’être sensible à la profondeur mystérieuse qui plane sur la pièce.

 

photo . Simon Gosselin

Rabbit Hole , univers parallèles, de David Lindsay-Abaire, mis en scène par Claudia Staviski

du 17 janvier au 31 mars 21h dimanche 15h

Théâtre des Bouffes Parisiens, 4 rue Monsigny 75002

01 42 96 92 42

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