Théâtre en Mots

par Sylviane Bernard-Gresh
théâtre

La guerre des salamandres

de Karel Capek, dans une adaptation d’Evelyne Loew

mise en scène Robin Renucci

 

Karel Capek est un écrivain tchèque foisonnant, d’une lucidité étonnante. Il publie d’abord des pièces de théâtre dont  la fameuse  Affaire Macropoulos (1922) puis de nombreux romans dont « La Guerre des salamandres » (1938) une oeuvre riche de plusieurs dizaines de personnages, touffue, prémonitoire qui anticipe sur les désastres écologiques d’ aujourd’hui, parle de l’exploitation rationnelle des fonds marins, du cours de la Bourse, des multinationales, fait allusion au nazisme et au stalinisme, brasse des genres multiples  comme le roman d’aventure, la bande dessinée, le roman de science fiction. Sa pièce RUR, Rossum’s Universal Robots (1921), a créé le mot « robot ».

Evelyne Loew écrit une adaptation colorée et efficace pour la mise en scène de Robin Renucci  qui réalise, là, un spectacle joyeux et plein d’humour entraînant tout son public, des adolescents aux plus âgés,  dans une histoire à tiroirs. Un narrateur- auteur commence le récit puis les acteurs jouent les scènes qui s’enchainent. Au début on se croit dans Tintin avec le Capitaine Haddok pour un voyage dans une île du Pacifique où nagent de drôles de sauriens. Des monstres qui vivent au fond de l’océan et produisent des perles. Un voyage à la Jules Verne. En revenant en Europe, le capitaine convainc un financier M. Bondy d’investir dans le commerce des perles. Celui-ci va peu à peu s’enrichir et créer  une multinationale. Nous voilà entrés dans un conseil d’administration, puis à la Bourse avec ses traders. Immersion dans  le monde de l’argent, du profit, de la guerre, jusqu’à la catastrophe écologique finale tandis que les salamandres se multiplient jusqu’à devenir 80 000 millions. Tout ce voyage dans l’espace et le temps se fait dans une scénographie très simple mais judicieuse (Samuel Poncet) capable d’être installée dans toutes les villes où le spectacle va être donné . Les sept comédiens changent de costumes à vive allure pour interpréter de multiples personnages. Ils ont de l’énergie à revendre et forment une sorte de groupe choral où ils sont tous « au diapason ».

 

spectacle des Tréteaux de France, Centre dramatique national

créé au Festival de Villeneuve -en-scène en juillet 2018

repris à la Maison des Métallos jusqu’au 28 octobre

reservations :01 47 00 25 20

Puis en tournée dans toute la France

 

Paru dans L’Avant scène théâtre 2018

photo de Christophe Raynaud de Lage

 

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