Théâtre en Mots

par Sylviane Bernard-Gresh
théâtre

Fanny et Alexandre d’après Ingmar Bergman

Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman – Mise en scene Julie Deliquet – Comedie-Francaise – Salle Richelieu – avec :
Veronique Vella,
Cecile Brune,
Florence Viala,
Laurent Stocker,
Julie Sicard,
Herve Pierre,
Dominique Blanc,
© Brigitte Enguerand / Divergence

 

 

 

Mise en scène Julie Deliquet

Pour créer une version scénique de Fanny et Alexandre, la jeune metteuse en scène Julie Deliquet et ses deux comparses Florence Seyvos et Julie André se sont appuyées sur trois matériaux d’Ingmar Bergman. D’abord son film éblouissant (1982), oeuvre testamentaire, qui a laissé dans les mémoires des images inoubliables, mais aussi une série télévisée, et un roman. Un ensemble autobiographique où la famille de l’auteur suédois est vue à travers le yeux de deux enfants Fanny et Alexandre. C’est ce regard qui en fait le charme.

Deux versants de l’enfance d’Igmar Bergman sont révélés dans ses souvenirs fantasmés. Pour une part, une famille, compliquée mais joyeuse et tendre, où la mère Helena Ekdal (Dominique Blanc, excellente) ancienne actrice est entourée de ses trois fils dont Oskar (Denis Podalydes), directeur de son théâtre et d’autre part une famille austère et perverse où le nouveau mari d’ Emilie Ekdal , veuve d’Oskar, Edvard Vergerus, un évêque protestant fait régner la terreur. Deux aspects très contrastés. D’un côté la liberté empreinte de sensualité de la famille d’acteurs. De l’autre, la rigueur castratrice  d’une famille protestante.

Travaillant avec 20 acteurs du Français, Julie Deliquet choisit comme fil conducteur, le théâtre. Tout commence par un prologue d’Oskar/Denis Podalydès, s’adressant au public  concernant ses interrogations sur le sens du théâtre. Puis on glisse directement dans la fête de la famille qui pour Noël vient de donner une petite représentation.  Qui donc vient parler sur l’avant scène, Denis Podalydès  qui s’adresse au public du Français ou Oskar s’adressant au public de son théâtre. Entre réalité et fiction, c’est sur ce fil que se déroulera tout le spectacle.

Après la fête bien arrosée au champagne, une scène d’improvisations à partir de l’intervention fantômatique du père d’Hamlet

Fin de la première partie. Entracte

Cette première partie suscite de la déception. Improvisations grotesques et lourdes mais surtout absence du regard des enfants. Ce sont ici deux adolescents qui n’ont aucune fonction particulière. On ne sait pas en fait ce qu’ils jouent.

Pour la deuxième partie, on passe du théâtre à la maison sinistre de Vergerus, l’évêque (excellent Thierry Hancisse) puritain et pervers. La mort y rôde, Vergerus maltraite Fanny et Alexandre. Ici donc deux adolescents, ce qui crée un léger malaise car les deux acteurs sont des adultes, dont Alexandre (Jean Chevalier) qui est assez costaud et Fanny (Rebecca Marder), une jolie jeune femme.

Le spectacle se transforme alors en véritable tragédie mais en toute fin un éloge du théâtre par Helena comme sublimation joyeuse des passions clôt la représentation .

Finalement cette mise en scène, dans un décor astucieux (Eric Ruf et Julie Deliquet) se laisse voir avec un certain plaisir sans que l’on comprenne vraiment quel en est le coeur. Mais tous les acteurs sont si bons qu’ils nous emmènent sans qu’on cherche trop.

Dans le dossier de presse, Julie Deliquet explique qu’elle a observé la troupe du Français à travers la troupe d’acteurs ( la famille) d’Oskar Ekdal. Certes.

 

Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman m/s Julie Deliquet

Comédie Française, salle Richelieu

Du 9 février au 16 juin

en alternance

Durée 2h45 avec entracte

resa 01 44 58 15 15

 

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